Les artisanats
Jusqu’aux années 1980, la plupart des populations des montagnes du Vietnam produisaient la quasi totalité des objets de la vie quotidienne. Vêtements, vanneries, objets en métal, en bois, bijoux, poteries, etc. étaient réalisés localement selon des techniques souvent spécifiques à une région ou à un groupe ethnique. Ces objets sont encore fabriqués pour les besoins de la famille et vendus occasionnellement.
  
Les textiles : chanvre, coton et soie en couleurs naturelles :

Les Tày cultivent le coton, le filent, le tissent et le teignent pour en faire les couvertures traditionnelles de la dot pour le mariage. Les Hmong cultivent le chanvre, avec ces fibres très résistantes ils confectionnent leurs vêtements qui seront teints à l’indigo. Dans certains villages, on élève les vers à soie qui donneront les plus beaux fils pour broder les habits. Les femmes Dao (Mien) et les Hmong réalisent de véritables tableaux grâce à la précision de leurs broderies. On trouve beaucoup de textiles traditionnels au marché ethnique de Sa Pa et de Bac Ha. La plupart des motifs brodés par les Hmong et Dao ou tissés par les Tay et les Thai ont une signification. Souvent ils symbolisent un bébé, un arbre, un oiseau, un escargot, la lune, etc.
La vannerie : de la forêt à la cuisine :
Le rotin et le bambou sont les matières premières pour les vanneries. Chaque groupe ethnique et chaque région possèdent ses techniques et ses motifs. Ceux des Tay sont de forme carrée souvent décorés de motifs floraux, ceux des Dao (Mien) et des Lao sont plutôt bombés avec des lignes de couleur.
Les Nung et les Tay fabriquent pour leurs usages domestiques des paniers à trier le riz ou les légumes d’une grande finesse. Pour protéger ces objets, on les stocke au-dessus du feu de bois, la fumée les rend plus résistants. Si la palanche vietnamienne est l’instrument de portage le plus utilisé dans les basses-terres, dans les montagnes la hotte est omniprésente.
Bois, acier et argent : des savoir-faire traditionnels encore méconnus :
Grâce à la grande diversité des essences de bois et aux savoir-faire des menuisiers et des ébénistes, maisons, meubles et tous objets en bois sont encore réalisés localement. L’un des bois les plus célèbres de la région de Lao Cai est le peumou (Fokienia Hodginsii), une espèce de cyprès à croissance lente dont le bois est imputrescible. Les acheteurs chinois l’achètent à prix fort depuis plus d’un siècle.
A partir de métaux de récupération, les forgerons créaient aussi bien les socs des araires, les couteaux que les trépieds pour la cuisine. Encore aujourd’hui, malgré la concurrence des produits industriels, la qualité des couteaux et des serpettes hmong est encore recherchée par les paysans de toutes les ethnies.
La bijouterie sur argent est une activité encore pratiquée par de nombreux groupes ethniques. Les Hmong de Sa Pa et les Dao sont réputés pour leurs colliers à plusieurs cercles assemblés – le poids du bijou est aussi un marqueur de richesse et de statut car l’argent-métal était l’un des principaux moyens de thésauriser. Les Tày de Văn Bàn sont d’excellents bijoutiers pour bracelets d’argent. Selon les régions et les sous-groupes, Hmong et Dao se distinguent par la forme de leurs boucles d’oreille.
Encens :
Pratiquement chaque groupe ethnique produit un type d’encens particulier. Chez les Tày de Van Ban (Văn Bàn), la poudre d’écorce du cannelier donne un encens brun au parfum chaud et sucré. Les Pa Zi de Muong Khuong fabriquent de l’encens vert pâle avec de la poudre de feuilles sauvages, le parfum est plus vert et un peu acide. Les Hmong de Bac Ha récoltent des écorces pour faire de l’encens ocre au parfum puissant. |